Derrière nos idoles emo, une mascarade terriblement toxique. La vérité, c’est que les scènes emo, pop punk et hardcore (si si, ce cocon de marginalité qu’on imagine plein d’amour, de soutien et de “safe space”) sont souvent gangrenées par des comportements dégueulasses, portés par ceux qu’on a élevé en héros. On va parler grooming, abus, manipulation et harcèlement qui se cachent derrière les riffs catchy et les lyrics deep.
Des groupes et des noms qui pètent le mythe
Déjà abordé précédemment mais cet abruti mérite qu’on en reparle : Jesse Lacey de Brand New, figure culte du rock emo aux belles métaphores, accusé par plusieurs femmes d’avoir profité de sa position pour entretenir des relations toxiques avec des adolescentes. Il a nié évidemment, mais l’ombre de ses comportements malsains plane toujours, malgré une carrière toujours bien célébrée (ils ont recommencé les concerts en 2025, sold out of course).
Ensuite, on a Lostprophets, c’est carrément pire : Ian Watkins, leur chanteur, condamné à la prison à vie pour des crimes sexuels horribles sur des mineurs. Un cas extrême mais qui illustre parfaitement comment la scène peut cacher des monstres. (Update : il s’est fait buter en prison et à ceci je dirai juste « CHEH »)
Moose Blood, groupe adoré de la scène pop punk, a vu son frontman Sam Bradford accusé de comportements inappropriés, notamment des relations malsaines avec de très jeunes fans.
Autre nom qui a fait parler, All Time Low. Le chanteur Alex Gaskarth et le guitariste Jack Barakat ont été accusés sur les réseaux sociaux par plusieurs fans de comportements déplacés et d’abus émotionnels. Si rien n’a encore été officiellement prouvé, ça montre bien que même les groupes au sommet de la popularité pop punk ne sont pas à l’abri de ce genre d’allégations.
On peut ajouter à la liste d’autres groupes comme Joyce Manor, Balance and Composure ou encore Neck Deep, où des histoires de harcèlement et d’abus ont émergé, souvent passées sous silence par peur du backlash ou de la “cancel culture”.
Que fait la scène ? Entre déni, minimisation et semi mea culpa
Bien sûr, certains groupes ont pris des mesures : annulations de concerts, séparations ou exclusion de membres, excuses publiques parfois forcées. Lostprophets, c’est fini depuis longtemps, mais pour d’autres, la justice ne va pas toujours au-delà du buzz. Des managers, labels, et organisateurs ferment les yeux parce que ça fait vendre, parce que “l’artiste, c’est sacré”.
Et dans la scène, la réaction est souvent un cocktail toxique : entre fans qui refusent de croire les victimes, qui brandissent le “c’est plus compliqué que ça” comme bouclier, et des milieux qui préfèrent étouffer les histoires parce qu’on veut pas de la mauvaise pub.
“Différencier l’homme de l’artiste” : la pire excuse pour excuser l’inexcusable
Nous y être, la grosse connerie qu’il faut défoncer. Cette idée que la musique, l’art, la création seraient séparés de la morale et des actes personnels, c’est un poison. Ça revient à dire que l’abus est une erreur isolée, que l’artiste “mérite” d’être protégé parce que ses créations nous touchent.
Mais comment on peut séparer l’homme de l’artiste quand c’est cet homme-là qui manipule, abuse et détruit des vies ? Ce mythe sert surtout à préserver des carrières masculines au détriment des victimes, majoritairement des femmes et des personnes vulnérables. C’est une forme de violence supplémentaire : on valorise la voix, le talent, mais on efface les vécus de celles qui ont été abusées. Ça crée un système où les femmes doivent choisir entre aimer la musique ou dénoncer l’abus, un faux dilemme cruel.
C’est le moment où je parle de Bertrand Cantat ? D’autres l’ont fait bien mieux que moi, mais c’est un exemple typiquement made in France que peu importe les horreurs que tu peux commettre (tabasser à mort ta compagne, pousser une deuxième au suicide, sortir avec une meuf de 26 ans quand t’en as 61), il y aura toujours des bouffons pour dire « il a payé, justice a été rendue, laissez le tranquille, c’est un sublime parolier on t’aime Bertrand ».
M D R un tuto étape par étape pour chier à la gueule, même pas du féminisme, mais juste de la morale. Des articles récents disent qu’il est si déprimé en ce moment qu’il ne parle même plus. Tes victimes non plus ne parlent plus Bertrand, elles sont décédées. M’enfin. J’ai peut-être tout whippin.
Le grooming : le cancer silencieux de la scène “safe”
Le grooming, c’est la clé de voûte de ce problème. C’est un schéma manipulateur où un adulte, souvent un mec avec du pouvoir (ou juste un peu charismatique) cible des jeunes vulnérables. Il les isole, gagne leur confiance, fait baisser leurs défenses, avant de normaliser le contrôle, les relations inappropriées, et parfois l’exploitation sexuelle.
Dans la scène emo et hardcore, ce mécanisme est hélas banalisé : un vieux briscard habitué du milieu qui prend sous son aile une ado en quête d’amour, une tournée qui devient un terrain de chasse, un backstage “safe” qui ne l’est pas.
Mais ça va plus loin : dans les milieux alternatifs, on les connait et on les voit ces mecs de 30 piges et plus qui fixent les meufs de 20 ans “super matures, qui écoutent du bon son, qui comprennent vraiment la scène”. Les nounours free hugs du Hellfest vous êtes concernés !
Là, c’est encore pire, parce que ça ressemble à une sorte d’appropriation déguisée en relation saine, alors qu’en vrai, c’est juste une dynamique de pouvoir et de manipulation. Ces hommes jouent sur l’insécurité et le désir d’appartenance des plus jeunes, profitent de leur statut et de leur expérience. Toujours le même schéma, des hommes qui utiliseront l’excuse du « nan elle est folle j’ai jamais rien fait d’ambigu » quand on va les call out.
Il y a une raison pour laquelle leurs proies ont 15 ans de moins : les femmes de leurs âges voient bien que c’est des losers et veulent pas d’eux, donc pour pas rester coincés dans leur misère sexuelle (ptdr) ils vont chercher des petites meufs qui viennent d’avoir le bac (et ENCORE) et qui sont vulnérables.
Faut clairement tirer la sonnette d’alarme : ce n’est PAS normal et ce n’est PAS un rite de passage, c’est un abus masqué. Et le nier, c’est perpétuer ce système toxique qui dévore la scène de l’intérieur.
Alors on fait quoi ? On écoute, on croit, on soutient les victimes. On dénonce sans peur, on responsabilise les acteurs de la scène (labels, organisateurs, médias). On reprend l’éducation à 0. Et on arrête de protéger les collègues abuseurs et agresseurs parce que « c’est un bon gars ça me regarde pas ». Si ça nous regarde tous justement.

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